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6 aliments pouvant aider à combattre la douleur chronique

10.03.2022

Aliments pour aider à combattre la douleur chronique

Olives et huile d’olive

Riche en gras mono-insaturés (AGMI), polyphénols (dont les lignanes) et en sécoiridoïdes (dont l’oléocanthal), l’huile d’olive possède des caractéristiques anti-inflammatoires, antimicrobiennes et antioxydantes pouvant avoir des impacts sur la santé, comme le rapporte plusieurs recherches in vitro et chez les animaux (1). L’oléocanthal a la capacité de réduire la douleur d’une mécanique similaire à l'ibuprofène, soit l'inhibition de l’activité de COX-1 et COX2 (2) et pourrait protéger contre plusieurs maladies.  

Une étude randomisée en double aveugle rapporte une amélioration de la douleur (score moyen du Japanese Orthopedic Association et douleurs nocturnes selon l'échelle visuelle analogique d'évaluation de la douleur (EVA)) chez 25 patients souffrant de gonarthrose suite à un traitement d’hydroxytyrosol, un extrait de la feuille d’olive (3). Bien que des études cliniques supplémentaires soient nécessaires, l’utilisation de l’huile d’olive dans le traitement des douleurs chroniques a un potentiel thérapeutique intéressant.  

Noix et leurs huiles 

Les noix ont, entre autres, attiré l’attention pour leur teneur élevée en acide a-linolénique (ALA), oméga-3, acides gras polyinsaturés (AGPI), magnésium, arginine et antioxydants (1). Ces composantes leur permettent de jouer un rôle important dans le processus inflammatoire qui a un impact sur la douleur chronique (voir notre article précédent). Comparativement à une diète méditerranéenne classique, une supplémentation de pistaches chez de jeunes adultes en santé a permis une diminution de IL-6 et de certains marqueurs d’oxydation, bien qu’aucune différence n’a été notée pour d’autres marqueurs inflammatoires (4). La supplémentation (30g/jour) de graines de lin pendant 2 semaines a permis une  diminution de la protéine C réactive (CRP), de la protéine sérique amyloïde A et de la fibronectine chez un groupe de personnes souffrant d’obésité morbide (5). 

Chez la souris, un extrait des polyphénols de pépins de raisins permet une diminution de la sensibilisation périphérique et centrale (6) et une amélioration de la douleur reliée à l’ostéoarthrite (7). Une supplémentation d’huile de graines de citrouille a également permis l’amélioration de certains paramètres altérés en présence d’arthrite chez le rat (8). Les noix ont donc un potentiel intéressant dans la gestion de la douleur chronique. Cependant, plusieurs études ont étudié l’état inflammatoire plutôt que la douleur en soi, et ce, sur une population différente que celle pouvant souffrir de douleurs chroniques. De même, plusieurs études ont été réalisées chez la souris, limitant ainsi l’interprétation chez l’humain. 

Légumineuses et soya 

Dans une étude incluant 135 patients souffrant d’ostéoarthrite, un supplément de 40g de protéines de soya a permis une diminution de la douleur selon un questionnaire (McGill Pain Questionnaire), de l’utilisation d’antidouleurs et de la concentration sérique de la glycoprotéine 39 du cartilage humain (YKL-40), un marqueur de dégradation du cartilage, comparativement à un supplément de protéines de lait (9). Une amélioration de plusieurs facteurs de qualité de vie et une plus grande amplitude de mouvement du genou ont également été rapportées (9). Ces associations sont principalement présentes chez les hommes, car aucune différence significative avec le supplément de protéine de lait pour plusieurs de ces paramètres n’a été notée chez les femmes (9). 

Dans une étude randomisée contrôlée, le remplacement de deux portions de viandes par deux portions de légumineuses 3 jours par semaine pendant 8 semaines a permis une réduction de marqueurs inflammatoires (CRP, TNF-ɑ et IL-6) chez les personnes en surpoids (10). Bien que des études supplémentaires soient nécessaires, l’intégration de légumineuses et de soya dans l’alimentation des personnes souffrant de douleurs chroniques semble être une avenue prometteuse. 

Fruits et légumes

Les fruits et légumes sont particulièrement d'intérêt, considérant leurs teneurs en antioxydants, en fibres et en micronutriments. Plusieurs études ont démontré une diminution de divers marqueurs inflammatoires (dont la CRP) avec une augmentation de la consommation en fruits et en légumes (1). Chez une population âgée souffrant de douleurs chroniques, une alimentation basée sur les principes du régime méditerranéenne est associée à une diminution des douleurs. La consommation de fruits et légumes étant un des facteurs les plus associés à cette amélioration (11). 

D’autres études chez l’humain et la souris ont également observé une amélioration de la douleur avec un supplément de fruits (voir article précédent pour plus de détails).  Bien que des études plus spécifiques chez des populations souffrant de douleurs chroniques soient nécessaires, assez d’études sont disponibles pour observer l’importance de la consommation de fruits et légumes dans la gestion de la douleur. 

Fromage frais et yogourt 

L’impact des produits laitiers sur l’inflammation est controversé: bien que plusieurs études rapportent une diminution de marqueurs inflammatoires avec une augmentation de la consommation de produits laitiers, la teneur élevée en gras saturés dans ces produits suggère un impact pro-inflammatoire (12).  Une revue systématique de 78 études rapporte une diminution du score inflammatoire avec la consommation de produits laitiers, autant chez une population en santé qu’une population souffrant de maladies chroniques (12). Cette association est observée avec les produits laitiers faibles et riches en gras (12). Bien que les auteurs concluent que cette association est faible et que le niveau d'évidence est bas, les produits laitiers semblent avoir un impact anti-inflammatoire plutôt que pro-inflammatoire (12). 

Les produits laitiers fermentés, ce qui inclut le yogourt, semblent avoir un impact également anti-inflammatoire (12). Par son rôle pré et probiotique, le yogourt peut diminuer l’inflammation chronique en améliorant la réponse immunitaire innée et adaptative ainsi que la fonction de la barrière intestinale (13). Bien que des études supplémentaires chez la population souffrant de douleurs chroniques sont nécessaires pour confirmer ces résultats, l’impact des produits laitiers sur l’inflammation est une avenue intéressante. 

Vin rouge 

La consommation de vin rouge (1 verre standard/jour pour la femme et 2 verres standards pour l’homme) est connue dans la prévention de maladies inflammatoires (14), notamment pour sa concentration élevée en flavonoïdes (voir article précédent pour l’impact des flavonoïdes sur la douleur chronique) et en resvératrol. Ce stilbène active la sirtuine 1 (SIRT1), une protéine reconnue pour son impact dans le stress oxydatif, le processus inflammatoire et l’apoptose (14). Celle-ci aurait donc un rôle dans la prévention de plusieurs maladies inflammatoires et chroniques (15). 

Malgré son rôle potentiellement intéressant dans le traitement de la douleur, les études présentées sont principalement des études mécanistiques in vitro ou chez le modèle animal, limitant donc l’interprétation des résultats chez l’humain. Il est important de mentionner que la consommation d’alcool est contre-indiquée pour les patients sous traitement d’opioïde et de benzodiazépine et qu’une consommation supérieure à 1 ou 2 verres standards est contre-indiquée compte tenu du risque d’abus ou de dépendance (1).
 

Malgré les limites de la littérature actuelle, les études démontrent tout de même le grand potentiel de la nutrition dans le traitement des douleurs chroniques. Vous pensez que vos clients pourraient bénéficier d’un suivi en nutrition pour la gestion des douleurs chroniques? N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur notre offre de services! 

 

Références: 

  1. Rondanelli, M., Faliva, M.A., Miccono, A., et al. (2018). Food pyramid for subjects with chronic pain: foods and dietary constituents as anti-inflammatory and antioxidant agents.Nutr Res Rev;31(1):131-151.

  2. Beauchamp, G.K., Keast, R.S.J., Morel, D., et al. (2005). Ibuprofen-like activity in extra-virgin olive oil. Nature;437(7055):45-46.

  3. Takeda, R., Koike, T., Taniguchi, I et Tanaka, K. (2013). Double-blind placebo-controlled trial of hydroxytyrosol of Olea europaea on pain in gonarthrosis. Phytomedicine;20(10):861-864.

  4. Sari, I., Baltaci, Y., Bagci C, et al. (2010). Effect of pistachio diet on lipid parameters, endothelial function, inflammation, and oxidative status: a prospective study. Nutrition;26(4):399–404.

  5. Faintuch, J., Horie, L.M., Barbeiro, H.V.,  Barbeiro, D.F., Soriano, G., Ishida, R.K. et Cecconello, I. (2007). Systemic inflammation in morbidly obese subjects: response to oral supplementation with α-linolenic acid. Obes Surg;17(3), 341–347.

  6. Cady, R.J., Hirst, J.J. et Durham, P.L. (2010). Dietary grape seed polyphenols repress neuron and glia activation in trigeminal ganglion and trigeminal nucleus caudalis. Mol Pain. 6, 91.

  7. Woo, Y.J., Joo, Y.B., Jung, Y.O. et al. (2011). Grape seed proanthocyanidin extract ameliorates monosodium iodoacetate-induced osteoarthritis. Exp Mol Med. 43,(10)561–570.

  8. Fahim, A.T., Abd-el Fattah, A.A., Agha, A.M. et Gad, M.Z. (1995). Effect of pumpkin-seed oil on the level of free radical scavengers induced during adjuvant-arthritis in rats. Pharmacol Res. 31(1), 73–79.

  9. Arjmandi, B.H., Khalil, D.A., Lucas, E.A., et al. (2004). Soya protein may alleviate osteoarthritis symptoms. Phytomedicine;11(7-8), 567–575.

  10. Hosseinpour-Niazi, S., Mirmiran, P., Fallah-Ghohroudi, A. et Azizi, Fl. (2015). Non-soya legume-based therapeutic lifestyle change diet reduces inflammatory status in diabetic patients: a randomised cross-over clinical trial. Br J Nutr;114(2), 213–219.

  11. Ortolà, R., Garcia-Esquinas, E., Sotos-Prieto, M. et al. (2022). Mediterranean Diet and Changes in Frequency, Severity, and Localization of Pain in Older Adults: The Seniors-ENRICA Cohorts.J Gerontol A Biol Sci Med Sci;77(1):122-130.

  12. Bordoni, A., Danesi, F., Dardevet, D., Dupont, D. et al. (2017). Dairy products and inflammation: A review of the clinical evidence. Crit Rev Food Sci Nutr;57(12):2497-2525.

  13. Pei, R., Martin, D.A., DiMarco, D.M. et Boilling, B.W. (2017). Evidence for the effects of yogurt on gut health and obesity.Crit Rev Food Sci Nutr;57(8):1569-1583

  14. Giacosa, A., Barale, R., Bavaresco, L., Faliva, M.A. et al. (2016). Mediterranean Way of Drinking and Longevity.Crit Rev Food Sci Nutr;56(4):635-640.

Giacosa, A., Adam-Blondon, A.F., Baer-Sinnott, S., Barale, R. et al. (2012).  Alcohol and wine in relation to cancer and other diseases. Eur J Cancer Prev;21(1):103-108.

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